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Nov 27 2015

Incinérateur : de quelles normes parlons-nous ?

Dioxine_pcddNormes : De quelles normes parlons-nous ?

Alerter pour faire prendre conscience du risque ou être lâche ? : Un reproche peut en cacher un autre.

Au cours de la Commission de Surveillance du Site (CSS) Flamoval qui s’est tenue ce 12 novembre 2015, la liste d’une petite vingtaine de polluants émis par l’incinérateur a été présentée.

Chacun de ces polluants mesurés respecte les normes d’émission exigées par l’arrêté préfectoral autorisant l’exploitation de Flamoval ce qui, à première vue, devrait nous rassurer.

Pourquoi les professionnels de santé (pas seulement ceux de l’APSH) ne sont pas pour autant rassurés ?

Tout d’abord les normes exigées sont des normes « techniques » et non pas « sanitaires ».

En effet, les professionnels de santé savent désormais que la « dose ne fait pas toujours le poison » en particulier pour les toxiques qui sont « perturbateurs endocriniens » (par exemple la dioxine).

Surtout, l’incinérateur émet des centaines de toxiques (à titre d’exemple comparatif, il est reconnu que la combustion d’une cigarette génère plus de mille molécules toxiques…).

Les professionnels de santé ne peuvent donc affirmer que l’incinérateur ne présente pas de risques pour notre santé puisque seule une petite minorité de polluants est surveillée et mesurée.

Ainsi, les filtres de l’incinérateur arrêtent les particules les plus grosses mais laissent échapper les plus fines dont on sait qu’elles sont les plus dangereuses et ont été reconnues comme cancérogènes par l’OMS.

De surcroit, « l’effet cocktail », bien connu des toxicologues, n’est pas pris en compte : plusieurs molécules, toxiques ou non, peuvent le devenir ou multiplier leur effet délétère lorsqu’elles sont associées.

 

Il nous est trop souvent dit « Vous voulez faire peur à la population »

Les professionnels de santé ont longtemps été absents des débats de santé environnementale.

Depuis quelques années, plusieurs sont devenus « lanceurs d’alerte » et on leur reproche «de faire peur » à la population comme cela s’est produit encore lors de la dernière CSS sur Flamoval.

A l’inverse, comment pourrions-nous appeler un professionnel de santé qui, ayant pleinement conscience d’un risque pour la santé, ne l’exprimerait pas ?

Informer les responsables d’un projet polluant et les citoyens d’un risque sanitaire fait d’ailleurs partie du code de déontologie de la médecine (article 12).

Ce que les décideurs appellent « faire peur » n’est-il pas plutôt un devoir pour les professionnels de santé dans le respect de leur déontologie et du serment d’Hippocrate ?

 

La colère

Avant même que l’incinérateur ne soit construit, l’APSH avait (et nous n’étions pas les seuls), prévu qu’il serait surdimensionné et inutile (de nombreux autres incinérateurs cherchent également avidement des ordures à faire bruler).

Flamoval a donc rajouté une pollution supplémentaire inutile à la population du notre région qui affiche le plus mauvais état de santé de France…alors que recyclage et réemploi auraient été plus respectueux de l’environnement et créateurs d’emplois…

De plus les promesses de traitement des bio déchets en CVO (ex : épluchures) ne sont toujours pas tenues et Flamoval continue à les brûler (l’eau étant le constituant principal des bio déchets, quel est l’intérêt de les brûler ?).

Maintenant il est question de revenir sur les engagements pris il y a quelques années et de modifier l’arrêté préfectoral censé nous protéger. Le plus étonnant dans tout cela, c’est qu’un certain nombre de nos responsables locaux s’offusque de nous voir réagir vigoureusement. Le doute est légitime quand les décideurs expriment clairement que l’équilibre financier de flamoval est leur priorité absolue.

 

Conclusion

L’APSH, après 7 années de travail, reste motivée dans son devoir d’alerte car elle a des convictions basées sur des preuves scientifiques. Dans le cas de flamoval, faire confiance naïvement nous apparait être une faute. C’est pourquoi, nous continuerons à prendre nos responsabilités et à combattre ce projet qui nous apparait néfaste à la santé de la population locale.